21 mars 2008
L'histoire d'un vieillard
Oyez, Oyez, peuple oupiste et non oupiste (C'est à dire théoriquement des oupistes potentiels qui ne le savent pas, ne veulent pas le savoir, ne peuvent pas le savoir, ne veulent pas vouloir le savoir, ne savent pas vouloir, de petits desserts à la framboise, etc...)
Permettez à votre inquisiteur bien aimé de vous compter une parabole (Qui ne reçoit hélas pas Inquisition TV, Canal Torture et Oupas 5)
[Votre inquisiteur préféré, tout drapé de noir, se met à l'aise sur sa chaise en sirotant un thé à la menthe. Aussitôt le vent s'arrête de souffler, les oiseaux de chanter, et les crétins de métalleux de l'appart d'à coté de jouer des riffs bidons alors que les brigades inquisitoriales défoncent leur porte avec un bélier avant de les embarquer vers le quartier général de la milice.]
La scène se passe au pied de l'Immense Tour Oupiste, qui a pour particularité d'être une petite maison en chaume, pas immense du tout.
Sauf les jours où elle décide d'être une grande muraille, une framboise géante dressée fièrement vers les cieux, ou une représentation allégorique de la paresse des fonctionnaires.
Un vieillard fume sa pipe et la contemple d'un air songeur. La tour, pas la pipe. Sinon il se ferait mal aux yeux. A cause de la fumée. Enfin bref, vous savez comment on fume une pipe, on la fout sur un crochet et on allume un feu dessous, ce qui aura pour effet d'attendrir le bois et de lui donner une saveur nouvelle.
Un vieillard donc. Et il fume sa pipe. En contemplant une tour. Vous y êtes ? Je pourrais aussi vous dire que dans ses yeux luisent une malice cachée, que sa voix est plus profonde encore que ses rides, et que la brise lui caresse le visage.
Ce qui serait totalement faux vu qu'il est aveugle de naissance, que pour l'instant vous ne l'avez pas entendu parler, et que la brise les lui brise à ne pas être là alors qu'il fait chaud.
Un vieillard donc, il fume sa pipe, la contemple (toujours la tour, jamais la pipe) enfin il essaye mais sans yeux c'est dur, si ça se trouve il ne sait même pas que devant lui la chaumière est en train de se transformer en minuscule grain de sable, à moins que ce ne soit une représentation allégorique de la quantité de petit dessert à la framboise qu'il manque à ce monde afin de le rendre plus ou moins parfait, en tout cas largement exempt d'impôt.
Un vieillard donc, sa pipe a crâmé, l'Immense Tour Oupiste a entrepris une danse du ventre, mais il s'en fout.
Quand soudain !
Rien. Non je déconne.
Quand soudain, l'Ancêtre sent une présence à coté de lui. Elle est majestueuse, magnifique, magique, et autres superlatifs commençant par la syllabe [Ma]. Il ne la voit pas mais il sait qu'elle est belle, et ses effluves de jasmin lui feraient tourner la tête s'il avait vingts ans de moins. Il tourne la tête dans sa direction supposée, et une voix douce comme du velours se fait entendre :
«Dis-donc le vieux croûton tu pourrais te dépêcher de choisir, j'ai pas que ça à faire moi, j'ai des tonnes de gusses à voir aujourd'hui alors si tu pouvais remuer tes os ça m'arrangerait bien tu vois ?
-Mais...que se passe t'il ?
-J'attend ton troisième voeu, dit la belle avec un soupir.
-Un troisième voeu ? Mais je n'ai même pas fait les deux premiers !
-C'est parce que ton deuxième voeu était de faire en sorte que tout redevienne comme avant, grand père. Je commençais à me demander si les mites à fromages t'avaient pas rongé le ciboulot.
-Je ne sais pas si je dois y croire, mais bon, de toute façon, un voeu c'est un voeu, toujours bon à prendre.
-Alors ? Elle aboyait presque.
-Je voudrais...j'aimerais...je veux savoir qui je suis.
-D'accord mon vieux. »
Et, disparaissant dans un nuage de fumée, elle ne pût s'empêcher de marmonner :
«Marrant, c'est toujours ça leur premier voeu...»
Ainsi s'achève cette histoire.